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Forums CRISE MONDIALE.fr » Or et matières premières » la thèse de l'hyperinflation Se rendre à la page : Précédente  1, 2, 3 ... , 38, 39, 40  Suivante
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Message Posté le : Mer 09 Déc 2009 11:54 Répondre en citant
Gilles Caye
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- Les banques menacées par une hausse des taux -

Citation:
Le risque majeur pour la reprise économique mondiale est la possibilité qu'un relèvement des taux d'intérêt soit nécessaire avant que les bilans des banques aient été assainis, a averti mardi Mario Draghi, le président du Conseil de stabilité financière.


Citation:
"Nous constatons que des risques souverains se matérialisent", a noté M. Draghi, en faisant allusion à la dégradation mardi par l'agence de notation financière Fitch de la note de la dette souveraine de la Grèce. "Tout cela va certainement accroître la prime de risque d'actifs par ailleurs sûrs, et pourrait conduire à des taux d'intérêt plus élevés", a-t-il ajouté.


http://www.easybourse.com/bour.....wsj-771457

Si les taux - point central de toutes ces données sur les marchés financiers- enregistrent des tensions, il existe une solution exceptionnelle (mais assez classique au regard de l'histoire) pour y échapper et continuer à alimenter les besoins en financement des états, si une impasse via les obligations devaient se produire. Si les taux affaiblissent les banques, ils affaibliront les états fatalement. Cette solution peut être mise en oeuvre justement avant que les taux ne s'expriment à la hausse aux yeux de tous.

Bref, quand tous les efforts en terme de monétisation et de baisse de taux d'intérêts ne sont plus opérants pour une raison ou une autre et peuvent mettre en péril les financements des états il existe une solution pour monétiser qui permet de réouvrir un canal de transmission de la création de monnaie qui ne rencontre plus aucun obstacle. Même celui des taux. Et c'est précisément quand les taux peuvent mettre leur hola, qu'elle est susceptible d'être enclenchée.

Il s'agit d'une monétisation dont les sommes créées ne partent pas se réfugier dans le bilan de la banque centrale comme actuellement les banques gonflant leurs réserves, ni qui se déboucle quelques mois après comme nous avons pu le constater avec toutes les injections de liquidités, qui ne constituent que de la création de monnaie temporaire, aujourd'hui résorbée pour l'essentiel.

Une monétisation directe qui part directement dans l'économie et qui est hautement inflationniste car elle y reste durablement et qui complète la création de monnaie habituelle réalisée par les banques commerciales. Quand j'ai 5 minutes de +, je tente de vous en expliquer le détail et le principe.

Je ne dis pas que c'est ce qui va se passer, je dis simplement que s'il est un moment où il faut commencer à surveiller cela, c'est à partir de maintenant et qu'il est plutôt bon de connaître précisément cela à un moment donné comme celui-ci où les banques centrales ont beaucoup de choses entre leurs mains, commencent à vouloir retourner leurs opérations dans l'autre sens et où les états présentent des difficultés a priori pour le moyen terme.

Vous verrez que nous retomberons tous sur nos pattes, y compris que toute cette monétisation menée jusqu'ici n'est rien par rapport à cette solution et que les plus réfractaires aux énoncés de la situation trouveront tout à coup par comparaison avec l'existant entre leurs mains une belle flèche inflationniste vierge flambant neuve qui est restée dans le carquois des autorités.

Devant un déficit budgétaire US que plus personne maintenant n'hésite à qualifier de déficit "de temps de guerre", on ne mettrait finalement en branle rien d'autre que cette mesure ou solution "de temps de guerre". Peu importe que l'on arrive ou pas à lever des impôts, peu importe que l'on arrive ou pas à mobiliser l'épargne sur les marchés via les obligations pour combler les trous et quels que soient les taux, elle marche... mais fait des dégâts à la monnaie, parfois irrépparables.

Cela pourrait être aussi le fait d'aventures politiques dans un pays ici ou là dans les mois et années à venir, les dégâts de la crise sur les Etats commençant à renforcer les différences entre les uns et les autres.
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Message Posté le : Mer 09 Déc 2009 11:54
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Message Posté le : Mer 09 Déc 2009 14:57 Répondre en citant
DTX
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prenez donc cinq minutes Gilles pour nous expliquer tout çà
je suis sûr que celà interessera pas mal de monde sur le forum
merci d'avance...

_________________
"Le hazard est le meilleur moyen que Dieu a trouvé pour passer inaperçu..."
Albert Einstein
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Message Posté le : Jeu 10 Déc 2009 07:07 Répondre en citant
Aurum
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DTX a écrit:
prenez donc cinq minutes Gilles pour nous expliquer tout çà
je suis sûr que celà interessera pas mal de monde sur le forum
merci d'avance...


+1 Smile
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Message Posté le : Jeu 10 Déc 2009 19:00 Répondre en citant
BILL LE TC
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http://www.forum-monetaire.com/?p=745
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V
Message Posté le : Jeu 10 Déc 2009 21:20 Répondre en citant
DoubleK
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Smile


Dernière édition : DoubleK le Ven 12 Mars 2010 04:20; Edité 1 fois
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DoubleK
Message Posté le : Ven 11 Déc 2009 00:08 Répondre en citant
Gilles Caye
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Demain ou semaine prochaine...

J'ai répondu aujourd'hui sur le "forum crise bancaire" à une autre question que m'a posée aujourd'hui un intervenant en MP sur ces 9 000 MDs $ qui ont disparu de la Fed (pour la bonne et simple raison qu'ils ne sont jamais apparus pour une très grande part en ce qui la concerne ... C'est que ça prend du temps ce genre de réponse à de drôles de questions Wink ...La pôvre dame...dans la vidéo - je parle de la drôle de question du congressman Grayson pas de celle de notre ami du forum bien sûr qui se pose des questions tout à fait légitimes en pareil cas)
http://www.crise-mondiale.fr/phpBB2/ftopic8758.php

Je n'ai pas trop le temps actuellement et je souhaite continuer à faire une présentation très détaillée comme dans les posts précédents afin que chacun - si ça l'intéresse - puisse si on y arrive

- comprendre par lui même tout le déroulé pas à pas
- retrouver les éléments pour la suite ...
- renouer quelques fils avec des choses qui font notre quotidien sur ce sujet...
en commençant par reprendre appui sur ce que vous disiez avec PascalBrutal sur la monnaie et son histoire un peu plus haut justement
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Message Posté le : Mer 16 Déc 2009 13:18 Répondre en citant
Gilles Caye
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Allez c'est re-parti ...

1ère partie dans ce post : banques & taux

Le souci est venu à la base de l'endettement privé agglutiné dans les banques. Les Etats et les BC ont aidé...résumé de la situation



En baissant les taux courts (taux directeurs sur lesquels la BC a directement prise):
- les banques peuvent aller emprunter à moindre coût pour le replacer avec une marge d'intermédiation en hausse (le chiffre d'affaires d'une banque c'est le PNB (produit net bancaire) = marge d'intérêts + commissions) -> effet restauration des marges

- celles qui n'ont pas de ressources propres suffisantes ont un accès à une ressource à moindre coût ce qui tend à les renforcer. Toutes les banques qui ont fait faillite en début de crise sont des banques d'affaires et non des banques de dépôts... elles manquaient de ressources, c'est pourquoi on a collé merrill Lynch dans Bank of america en 4ème vitesse le week-end de la mort de Lehman-> effet restauration de la structure financière par un accès facilité à la ressource (ressource propre via les clients ou ressource externe via le marché monétaire)

... ça n'a pas suffit et il était devenu impossible de jouer sur les taux arrivés à zéro -> enclenchement de mesures ciblées dans le cadre du Quantitative easing (QE) pour agir sur la courbe des taux dans sa partie longue (c-a-d les achats d'obligations d'états entre 2 et 30 ans)

- en exerçant une pression sur les taux longs, les mesures sont venues accroître le différentiel entre ce que rapportent des créances immobilières par exemple et ce que rapportent les obligations d'Etat. Si vous êtes banquier, vous pouvez donc emprunter à court terme à moindre coût et les actifs autres que les obligations sans risque deviennent pour vous plus attractives ... vous commencez à lorgner dessus....et c'est ce que souhaitent exactement les autorités... à savoir que les banques se remettent à prêter à l'économie et à soutenir l'immobilier ... c'est le coup de pied au cul ou l'électrochoc décrit dans les posts sur le QE. L'Etat et la BC veulent débloquer les marchés du crédit ...
- dans le même temps, tous les crédits qui ont pour base une référence en terme de taux à court ou à long terme sont à la baisse et viennent renforcer la propension à emprunter pour chaque ménage ou entreprise

Nous sommes au bout de cette course et il y a maintenant :

* 3 cas pour une hausse des taux : 2 mauvaises (inflation et risque crédit) + 1 'bonne' (normalisation : l'économie va mieux, on relève donc les taux progressivement et on retire les mesures non conventionnelles)

Prenons la bonne : les BC relèvent les taux directeurs et les investisseurs sortent du refuge des obligations d'Etat -> le différentiel va fonctionner en sens inverse

or, Draghi, patron du conseil de stabilité financière en Europe et potentiel remplaçant de Trichet, cité plus haut dans "Draghi: les banques menacées par une hausse des taux" , nous dit


Citation:
"Le principal risque est que pour diverses raisons, les taux d'intérêt doivent être relevés alors que les bilans des banques n'auront pas encore été remis d'aplomb", a déclaré M. Draghi lors de la conférence Future of Finance Initiative organisée par le Wall Street Journal. Les taux d'intérêt "pourraient augmenter pour des raisons de politique monétaire, et quand on y pense, cela est très probable, car l'assainissement des bilans des banques est un processus de longue haleine", a-t-il expliqué. "Cela va prendre plusieurs années."


-> fragilisation des banques

Pour préciser ce 'plusieurs années', le comité de Bâle en charge au niveau international des règles bancaires a en négociation actuellement un plan de renforcement du système bancaire qui s'étale sur 1 décennie au mieux et 2 décennies au pire. Le problème est d'ampleur..

..et nous voyons que même pour une raison 'positive' qui motiverait une hausse des taux, celle-ci pose tout de même quelques problèmes et risques

et si il est une chose que les Etats ne veulent plus avoir à traiter comme en 2008, c'est une panique bancaire, d'autant qu'ils sont aujourd'hui eux mêmes un peu moins solides.

Bref, il faut garder les taux bas longtemps et toute rupture ici aurait une incidence sur la situation des Etats par richochet (Ou encore ... les taux sont une menace pour les banques en terme d'impasse alors que nous n'avons même pas encore parlé d'éventuelles impasses financières pour les Etats)

A retenir donc pour ce 1er point: une nouvelle mesure non conventionnelle pour maintenir les taux bas ou échapper à une hausse a rarement eu autant de probabilités d'intervenir que dans un tel contexte
De purement théorique jusqu'ici, on commence à l'entrevoir très légèrement en terme de risque d'autant que ce risque semble là pour plusieurs années...

Banques & Etats/BC sont dans le même bateau via les taux. Prochain post : la monnaie et l'Etat, comment ça fonctionne dans l'histoire ?
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Ben Bernanké nommé MAN OF THE YEAR pa TIME.
Message Posté le : Mer 16 Déc 2009 13:37 Répondre en citant
Marc Maximilien Authier
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Vous connaissez la mélédiction du MAN OF THE YEAR de TIME magazine. On l'ensence dans ce torchon pour être le héros qui a "sauvé" le monde.
Il faudrait demander cela aux 22% de chômeurs US ce qu'ils pensent de leur "sauveur".

En 2010 TIME magazine va sans doute nommer Lloyd Blanfien pdg de Goldman Sachs MAN OF THE YEAR et envoyé de Dieu.

http://history1900s.about.com/.....50400a.htm

L'année dernière c'était la marionnette de Goldman Sachs Obanana.
La méladiction c'est que l'année d'après c'est la chute.
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Message Posté le : Ven 18 Déc 2009 16:07 Répondre en citant
Gilles Caye
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2 nd post : la banque centrale et l'Etat

L'Etat, la nation, le pays, les autorités, la banque centrale....tout cela signifie un peu la même chose dans le language commun.

Financièrement, il y a en fait 2 personnalités juridiques disctinctes , L'Etat d'un côté dont le bras financier est représenté par le Trésor Public et de l'autres la Banque centrale du pays en question.

L'un et l'autre ont leur propre comptabilité, avec un bilan (Actif + passif) des opérations. L'un a en charge de récupéré les taxes et de faire les paiements pour l'Etat, l'autre à en charge la monnaie.

Voici au sortir de la guerre le bilan hebdomadaire de la Banque de France à l'actif à 4 ans d'intervalle

Voilà par quel type de création monétaire on finançait la guerre et non pas (ou peu et certainement pas en période de très grand stress) en émettant des obligations que souscrivait la BC !



Source : La situation hebdomadaire de la BDF. H-Morant- Revue Economique 1951.

En un mot par l'ouverture d'un compte ou de comptes aux appelations diverses et variées, qui ne portent pas d'intérêts et qui n'ont pas par définition de date d'échéance tout le contraire d'une obligation par définition, moyen par lequel les Etats trouvent leurs financements actuellement en dehors de la perception des impôts et taxes

C'est une écriture qui s'ouvre à la banque centrale et qui crédite le compte du Trésor de l'autre côté sans le moindre intérêt et ad vita aeternam

Vous échappez aux marchés de taux, peu importe que l'on souhaite prêter à l'Etat ou pas, peu importe que l'Etat arrive même à draïner le moindre centime d'impôt

Vous cassez la vitre ci-dessous en quelque sorte


Et vous aurez alors comme par miracle un lien entre déficit public et ce compte à la BC alors que nous avons été totalement incapables tous ensemble de matérialiser une quelconque corrélation comme vous l'avez vu dans les posts plus haut entre les détentions d'obligations du Trésor à la Fed et les déficits budgétaires à travers l'histoire, le seul effet sur les taux ayant eu un impact suffisant pour créeer de la monnaie via les banques commerciales jusqu'ici. Si ça gèle complètement vous avez cette solution là.

Synthèse théorique, historique et pratique pour ceux qui doutent encore


Fini donc les canaux de la transmission monétaire qui se bouchent. fini les réserves des banques qui conservent cela à la BC, peu importe tout ce que vous voulez, vous avez là une création monétaire directe via le déficit public à l'Etat qui bien sûr ira la dépenser illico presto .. la création de monnaie file alors sans délais dans l'économie... jusqu'à eventuellement la tuer...

Il ne s'agit pas d'une monétisation de créance quelconque, mais directe du déficit ce qui n'est pas la même chose et sans le hola du marché via les taux...

... si vous voulez planquer l'opération pas besoin d'imaginer des financements via les Caraïbes à tenter de cacher des obligations qui ont des références et des dates d'échéances visibles par le monde entier qui nécessitent de bâtir des romans pour satisfaire un lectorat tout acquis pour expliquer que la BC les souscrit parce que soi-disant personne n'en voudrait alors qu'on observe des taux de couverture des émissions d'obligations à 3 ou 4 X le montant émis...

..très simple au contraire... une écriture, une seule... c'est ce qui se passe dans l'histoire tout bonnement à chaque fois ou presque... parfois on la voit... d'autre fois non...

prochain post : les aspects concrets et pratiques pour la situation actuelle, c'est à dire la suite de ce petit point écrit en tout petit là:



C'est à dire un peu plus sur ces comptes là qui bougent. Ils ont même pris soin de l'arrondir cette semaine après l'avoir vidé comme déjà évoqué à maintes reprises. ça se passerait par là mais de l'autre côté (car un compte qui passerait négatif riperait vers l'actif de la Fed)



Très peu probable mais plus seulement théorique non plus ...
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Evolution de la situation actuelle
Message Posté le : Sam 19 Déc 2009 00:20 Répondre en citant
Gilles Caye
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Juillet 2009, avis sur la situation et les pressions inflationnistes du vice-président de BNP paribas et chef économiste

Citation:

Les craintes d’un retour de l’inflation, à l’horizon des prochaines années, apparaissent très exagérées.
Certains craignent de voir les banques centrales monétiser massivement les déficits, d’autres voient dans l’inflation le seul moyen de sortir l’économie de l’ornière via l’allégement des dettes réelles.

Les banques centrales, qui ont acheté des obligations du Trésor, Fed, Bank of England, l’ont fait dans le but d’injecter de la liquidité et peser sur les taux longs, pas pour financer directement les déficits. Ensuite, l’indépendance des banques centrales est inscrite dans leurs statuts. La stabilité des prix constitue l’un de leurs objectifs. On les voit mal se lancer dans une politique propre à faire émerger une vague d’inflation (qu’elles veuillent éviter la déflation, veiller à ancrer les anticipations en territoire positif et ramener le taux d’inflation à un niveau proche de leur objectif est autre chose), ce serait mettre à bas pour longtemps les acquis chèrement payés de la désinflation des années 1980.

On imagine mal un gouvernement aller demander cela à une banque centrale. Les banques centrales sont devenues très transparentes. Notamment, elles publient régulièrement leurs projections d’inflation. On les imagine difficilement afficher une dérive durable par rapport à leur objectif. Il n’est d’ailleurs pas évident qu’une baisse du ratio d’endettement, corrélatif à une accélération de l’inflation, soit réalisable dans une économie ouverte caractérisée par un marché obligataire très internationalisé (les émissions souveraines sont en quasi-totalité souscrites par des investisseurs institutionnels très sensibles à l’inflation, la moitié des encours d’obligations d’Etat sont détenus par les non-résidents aussi bien aux Etats-Unis qu’en France). Dans pareil contexte, le risque inflationniste se paierait par une hausse des taux d’intérêt supérieure au surcroît d’inflation, car incluant une prime de risque inflationniste. L’espoir d’un recul du ratio d’endettement par l’inflation pourrait, dans de telles conditions, se révéler vain. En outre, les systèmes de pensions ont largement investi en titres d’Etat. Enfin, les gouvernements ont émis des montants non négligeables d’obligations indexées sur l’inflation. Autant dire que le vieillissement démographique et la question du financement des retraites ne rendent pas le thème de l’érosion monétaire très populaire.


Tout récemment, le même responsable fait évoluer sa position et signe en titre " Le risque de monétisation des déficits est marqué aux Etats-Unis"

Citation:
La monnaie créée par les BC est conservée en dépôt par les systèmes bancaires, la faiblesse du crédit a conduit à un freinage des agrégats de crédit. Il est difficile dès lors de dire que nous sommes dans une situation où "trop de monnaie vient chasser trop peu de biens"


OK, On le sait aussi sur le forum, on comptabilise des banquiers aux golds bugs les mêmes sommes qui restent en réserve à la banque centrale, gelées par les banques et on a même vu le trésor vider son compte pour que ça finisse là aussi avec une masse encore plus grosse... à plus du trillion.

Citation:
Cela n'implique pas qu'il faille se désintéresser des stratégies d'exit


stratégies d'exit = sortie de crise comment on fait ? = comment on déboucle tout cela dans l'autre sens

OK, on le sait aussi, il va falloir voir comment tout cela va être dirigé maintenant .. mais alors où est le souci ?

Citation:
Bernanke a rappelé l'étendue des instruments utilisables à cette fin par la Fed sans toutefois s'avancer jusqu'à préciser les conditions de leur mise en oeuvre. De ce point de vue, Trichet a annoncé l'imminence de l'ajustement du dispositif mis en place de ce coté de l'Atlantique en précisant que, s'il était trop tôt pour dire que la crise était terminée, il était temps de revenir sur certaines des mesures prises pour soutenir le système financier.


Citation:
Le risque de monétisation des déficits est nettement plus marqué aux USA, compte tenu des pressions politiques qui se manifestent.

En ce domaine, l'absence de programmes clairs et crédibles pourrait déboucher sur une dérive des anticipations qui finirait par se traduire par une hausse significative des taux de marché qui viendrait freiner l'économie


Au départ on a "On imagine mal un gouvernement aller demander cela à une banque centrale" et de plus en plus on entend "des pressions politiques..."

C'est toujours comme ça que les choses démarrent, au départ on a pas le droit et puis finalement il faut le faire devant l'urgence

un levier politique simple qui a toujours marché : le pays est endetté ? Le pays est endetté vis à vis de l'extérieur ? Voici le programme : reprenons le financement à notre compte. Un financement purement national. C'est la banque centrale du pays qui finance les besoins de l'Etat. En cas de crise grave et prolongée, le gars qui est chauffeur de bus et qui ne touche ou risque de ne toucher plus qu'une partie de son salaire ne voit que le salaire qu'on va lui verser ou pas dans les mois qui viennent, il ne verra pas et ne comprendra pas forcément l'inflation à terme et soutiendra potentiellement ce type de programme. Ou mieux en cas de besoin, on peut directement passer à l'opération présentée dans le post précédent sans aller exciter les taux ni la population... rien à payer en intérêts et rien à rembourser... le politique évite alors une partie de la population qui crie à la "monnaie de singe" (ce qu'une frange comprend)... ce qui ne dure qu'un temps, les réalités reprennent ensuite vite le dessus...

Un pays qui n'arrive pas à faire le choix entre coupes dans les budgets (explosion sociale par exemple) et endettement (explosion des taux) parce qu'il les redoute finit assez souvent là-dedans.

Les taux en Grèce sont montés à largement plus de 5 % avec une inflation de 1,2 % en moyenne mensuelle sur un an. Rien à voir donc. Je trouve que certains journalistes ou politiques ont posé de drôles de question ayant manifestement peu de connaissance des règles de l'euro et assez prompt à trouver des solutions rapides et démagogiques sur un plan politique. C'est très très prématuré tout cela mais comme le suivi du bilan de la Fed amène pas mal de questions à l'issue des précédentes mesures, je pense qu'il n'était pas inutile de mentionner aussi cette solution un peu 'vicieuse' en cette fin 2009 pour l'avoir à l'esprit et comprendre ce qui pourrait émerger en tant qu'aventure dans tel ou tel pays (dont plus d'un cumule problème bancaire et problème de déficits publics, ce qui rend encore plus cruciale la question des taux d'où mon premier post dédié à ce sujet des "banques & taux")

A suivre tout doucement à partir de maintenant et à garder à l'esprit pour les mois et années à venir...
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Message Posté le : Sam 19 Déc 2009 01:23 Répondre en citant
grolu
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merci Gilles, j'archive pour relecture(s) !
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Message Posté le : Sam 19 Déc 2009 10:03 Répondre en citant
LS
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Merci pour ces précisions! J'ai aussi archivé vos posts.
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